jeudi 28 mars 2013

Mais où se cache Killing Season (ex Shrapnel) ?

La question mérite-t-elle d'être posée ? Coproduction Americano-Belge, Killing Season a disparu purement et simplement du site Millennium Films (l'indigent Conan, Olympus has Farted) mais pas de celui de Corsan Films, la maison belge qui a acheté le très beau script d'Evan Daugherty. En trainant sur le site IMDB, on apprend que le film est terminé et que le résultat serait chul à nier, d'après un spectateur ayant assisté à une projection test. Petit rappel, le film raconte l'affrontement dans les Rocheuses du vétéran de guerre Ford (Robert Deniro) et de Kovac (John Travolta), un mystérieux chasseur venu d'Europe.



Sans se forcer, on peut déjà trouver quelques raisons à ce ratage. Tout d'abord, le script a subi un changement majeur, on est passé des seventies et d'évènements survenus pendant la seconde guerre mondiale, aux années 2000 avec pour background une guerre bien plus évocatrice (Ô ironie), la guerre de Bosnie. J'ai tellement hâte de découvrir ce que vont devenir le pistolet Luger et la très belle chanson Lili Marlen dans cette nouvelle version. Deuxième point, la barbichette de John Travolta censée appuyer le côté maléfique du personnage de Kovac, une idée particulièrement ridicule. John Travolta n'a pas besoin de ça pour avoir l'air d'un barge, il suffit qu'il cabotine pour que ça marche. Troisième et dernier point, la présence, derrière la caméra, de Mark (Daredevil) Steven(Ghost Rider) Johnson. Nuff' said.


Peut-être que la disparition pure et simple du film sur le site de Millennium Films est dû à la volonté de Lerner et de ses sbires de sauver les meubles. Aura-t-on droit à nouveau titre? Un nouveau montage excluant deux ajouts inutiles de personnages (le fils, la belle fille de Ford, plus un enfant...), alors que l'essence même du projet, son intérêt, sa substance, son originalité, reposait sur le principe du duel avec un grand D, l'histoire d'une guerre rétréci à sa plus petite échelle. Mais sauver les meubles ce n'est pas le genre de la maison, le résultat sera tout juste digne d'un DTV (Direct Torrent Vidange), rien que des cendres dans lesquelles sommeille un merveilleux Phoenix qui a pour nom Shrapnel, réalisé par John McTiernan, avec Nicolas Cage affrontant John Travolta, une photographie signée Peter Menzies Jr, et une musique de Christopher Young. Oui, une saison meurtrière.


dimanche 10 mars 2013

Combattre encore, pour mais surtout contre

Une page facebook a été créée pour soutenir le combat de John McTiernan contre son entrée en prison prévue dans plus ou moins une semaine. Question. Quel pouvoir avons-nous vraiment sur cette décision d'une Justice américaine partiellement responsable de la mise à l'écart du réalisateur yankee. Cette page n'est pas claire, a-t-elle pour simple but de soutenir le réalisateur ou bien a-t-elle l'ambition démesurée de changer les choses, quelques jours seulement avant l'application de la peine.

Cette entreprise désespérée est louable si elle répond à un soutien moral du réalisateur, mais clairement inutile si elle a pour but de faire changer l'avis du juge - comme si nous étions dans un film où le condamné à mort attendrait la grâce du juge en regardant fiévreusement l'horloge accrochée au mur et l'aiguille des secondes passer de cinq, à quatre, puis trois deux, un - car en admettant que cette e-pétition fonctionne, ne va-t-elle pas (encore) repousser son retour possible aux affaires hollywoodiennes ? C'est le coeur du problème de cette affaire, le retour chaque année repoussé soit par les appels, les décisions de justice, les procès...

Facebook existe à peu de choses près depuis l'apparition du scandale Pellicano. Les fans de McTiernan auraient peut-être dû réagir plus tôt pour montrer que nous étions nombreux à vouloir un retour rapide de John McTiernan derrière la caméra. Peut-être aurait-il alors pensé que passer les quatre mois prévus au départ derrière les barreaux était la bonne chose à faire, mais nous l'avons vu, le bonhomme a voulu se battre jusqu'au bout. Free John McTiernan me parait donc être à la fois une tentative inutile et une preuve d'amour tardive. Au mieux pourrait-elle muter en une pétition pour qu'Hollywood le réengage, juste pour préparer le plus important : l'après prison. Savoir si l'intéressé le désire encore est une autre histoire, nous verrons cela après ses douze longs mois d'incarcération.