jeudi 25 décembre 2014

Dan Bronson et John McT. Quatrième partie : Donna Dubrow & Flyboys


Cet article s'appuie essentiellement sur l'article 63 de ces confessions.


"Donna Dubrow and John McTiernan
invite you to join them
in celebration of their marriage
Saturday, the nineteenth of November
Nineteen hundred and eighty eight
at eight o'clock in the evening
at the home of Joel Silver."

Le chapitre commence par ce carton d'invitation. Dan Bronson et sa femme sont conviés au mariage du réalisateur et de la productrice chez Joel Silver, l'heureux producteur de Die Hard, le hit de l'été, dans lequel brille la nouvelle coqueluche d'hollywood, Bruce Willis, lui aussi invité avec sa femme, la très froide Demi Moore...

Puis Dan Bronson se souvient de la rencontre entre McTiernan, le réalisateur prometteur et Donna Dubrow, la jeune productrice très à l'aise avec tout le cirque hollywoodien. Deux personnalités différentes mais complémentaires.

A l'époque où le projet Nomads se concrétise, McTiernan et Dubrow sont tous les deux mariés. John essaie de vendre plusieurs projets. Il a sous le coude une nouvelle version de Robin des Bois qu'il finira par produire au début des années 90, puis la fameuse Quête de St. James Elk, film sur lequel il travaille dans le bureau qu'il occupe à la MGM avec le producteur Elliot Kastner.

Donna Dubrow en 1970,
dans la comédie Watermelon Man

de Melvin Van Peebles.
Puis Donna Dubrow divorce. John obtient son numéro et l'invite au cinéma. Pour voir quoi ? Pas n'importe quel film. Nomads, qui connait une sortie discrète un an ou deux après la fin de sa production grâce à un petit distributeur courageux, Atlantic Releasing Corporation. Le film ne fera pas d'étincelle au box office, mais il transpire le savoir faire de son créateur.

Entre la productrice dynamique et l'ours talentueux, c'est le coup de foudre. Donna Dubrow facilite la vie de celui qui n'aime pas la confrontation et les manigances nécessaires au bon fonctionnement de l'usine à rêve. Elle lui permet de penser un peu plus à son art et moins au bruit superficiel parasitant les tournages. Elle est présente lorsqu'il passe sa première grosse épreuve, Predator. Elle est là, aussi, sur le plateau de Die Hard, une épreuve plus difficile car il faut sans cesse retravailler le scénario, jouer au diplomate avec une star de série télé qui bosse le jour sur Clair de lune...

Die Hard sort le 15 juillet et explose le box office. Bruce Willis devient une star du grand écran et John McTiernan, un réalisateur à suivre de très près. Le couple se marie donc à l'automne de la même année, dans la maison de Joel Silver, le temple pré-colombien dessiné par le célèbre architecte, Frank Lloyd Wright.


Un mariage qui va durer une dizaine d'année, jusqu'au divorce prononcé en 1997. Un divorce en forme de guerre coûteuse, pour chacune des parties. La carrière de productrice de Donna Dubrow s'arrête net. Il rendra McTiernan aigri, voir (ou revoir) Thomas Crown et le personnage joué par Denis Leary pour constater les dégâts.

Pendant ces neuf années, le couple a produit quelques téléfilms via leur compagnie Tongue River productions, et essayé de monter quelques projets. Si Dan Bronson parle longuement de Juggernaut dans son livre, il est un peu moins loquace sur l'un de ses meilleurs scénario : Flyboys (chapitre 102). On sait juste que cet hommage aux pionniers de l'aviation, racontait le premier voyage autour du monde à bord de biplans à cockpit ouvert. Victime de la bataille opposant McTiernan et Dubrow, Flyboys restera malheureusement dans les tiroirs...

Dan Bronson posant avec son oeuvre,
25 scénarios dont les précieux
  JUGGERNAUT et FLYBOYS.

Si vous voulez en savoir plus, oui je n'ai pas tout raconté, ruez-vous sur Confessions of a Hollywood Nobody. C'est le livre à lire pendant les fêtes. Et pour une somme tout à fait abordable : moins de 5 euros au format Kindle. Pour une part d'histoire du cinéma américain des années 80 et 90, c'est donné.

Un immense merci à Dan Bronson pour sa confiance, son temps et son feu vert.

Dan Bronson et John McT. Troisième partie : JUGGERNAUT ou le mastodonte perdu


Cet article reprend les évènements décrits dans les chapitres 87, 88 et 89 de ces confessions.


Le chapitre 87, intitulé sobrement Yippi Kay-yay commence par la description d'une bande annonce qui a beaucoup impressionné le jeune Dan Bronson. Sorti en 1957 et réalisé par un certain Kurt Neuman, Kronos raconte l'arrivée sur Terre d'une machine extraterrestre vindicative. La bande annonce nous en met plein la vue, c'est la mode à l'époque, sauf que, comme beaucoup de série B sorties dans les années 50, le résultat souvent très décevant, et cela vaut autant pour les effets spéciaux que pour l'interprétation et l'histoire qui manquent cruellement de crédibilité...



La scène se passe au domicile du couple McTiernan-Dubrow, le Dan Bronson voit McTiernan sortir de la chambre avec une video cassette sous le bras. Le réalisateur la pose sur une table et demande à ce qu'elle retourne au vidéo club. Le scénariste reconnait le film, il s'agit de Kronos.

McTiernan veut faire un film sur le même principe, mais qui tiendrait cette fois-ci ses promesses. Le temps d'une promenade marquée par le froid et la neige du Wyoming, les deux hommes discutent, échangent des idées sur ce que pourrait être un film du genre de Kronos, aujourd'hui. Une chose ressort de cet échange : pour marquer les esprits, un tel film devrait atteindre la même intensité que le premier Alien. McTiernan donne deux coups de fils dans la foulée. Il appelle en premier le producteur Andy Vajna, pour qui il a fait Medicine man et pour lequel il prépare Die Hard with a vengeance. Il appelle ensuite un certain Mike Marcus devenu récemment le patron du studio MGM.

Plus tard, Bronson reçoit un coup de fil de son agent. La MGM veut négocier avec lui pour qu'il écrive le prochain film de SF produit par McTiernan. Donna Dubrow le rappelle aussitôt pour calmer le jeu. Apparemment, Markus a bu un verre de trop quand le réalisateur lui a parlé du projet et il n'a plus aucun souvenir de quoi parle exactement le film. Bronson est chargé de rafraichir la mémoire du boss de la MGM. Il rédige pour cela un mémo comprenant le titre du film, puis son résumé :

JUGGERNAUT
(mastodonte)

"Une force énorme, inexorable
ou un objet qui écrase et détruit
tout ce qui se trouve sur son passage"

Une sonde minière venant d'une lointaine galaxie s'écrase à côté d'une petite ville du Montana et se met à ravager les environs. La sonde est plus qu'une vie extraterrestre, c'est une machine parfaite, invulnérable, dénuée d'émotion et d'intelligence. Elle est programmée pour transformer et détruire tout ce qui se trouve sur son passage.

C'est avec ce mémo, plus l'aval de John McTiernan, que Dan Bronson conclut le deal le plus lucratif de sa carrière...

Dans le chapitre 88 (This is the way the world ends / C'est ainsi que finit le monde), Bronson révèle quelques secrets de cette histoire originale d'invasion. L'objet qui s'écrase sur Terre fait 9 mètres de diamètres et 91 de longs. L'impact ne le détruit pas. L'objet s'est enfoncé dans le sol, seul un bout ressort des ruines du ranch qu'il a détruit. Deux jours plus tard, après quelques morts mystérieuses, le sol se met à trembler. C'est la panique, les habitants de la ville croient d'abord à un tremblement de terre mais la vérité révèle quelque chose de bien plus incroyable. L'objet, qui sort de son trou, n'a plus du tout les mêmes proportions. D'une longueur de 1,6 kilomètres et d'un diamètre de 800 mètres, la sonde avance, en direction de Greenplains, la petite ville autrefois tranquille du Montana. Le shérif évacue la ville est regarde de loin, impuissant, sa destruction.

Une scientifique pense d'abord que la machine est là pour se nourrir de pyrite, l'or des plaines du Montana mais voyant que la machine commence à se diviser en deux, elle comprend que la sonde n'est qu'une usine, sa propre usine. Et comme une usine, l'objet rejette des déchets, notamment un gaz jaune qui transforme l'atmosphère. Les pluies acides qui en résultent détruisent les écosystèmes alentours.

Le shériff, la scientifique et quelques survivants de Greenplains décident de résister. Le shérif, un ancien de la cavalerie américaine, se souvient d'une chose à propos des tanks : inutile d'attaquer leur blindage, par contre faites lui manger une grenade et c'est la victoire assurée. Ils décident donc d'entrer dans la machine...

Le chapitre 89 (Not with a Bang but a whimper / Pas dans une explosion mais dans un gémissement) revient sur le travail de recherche colossal accompli par le tandem McTiernan-Bronson pour établir un mastodonte réaliste. Ils discutent avec Jackson De Govia, directeur artistique sur le premier Die Hard et avec qui McTiernan travaille à cette époque sur Die Hard with a vengeance. Il se trouve que De Govia est un spécialiste des sondes minières. Le scénariste et le réalisateur s'intéressent aussi aux différents programmes spatiaux (notamment ceux qui prévoient une exploitation minière de la Lune), aux sondes spatiales puis à des machines ou à des organismes qui peuvent s'auto dupliquer. Toutes ces données nourrissent le premier jet d'un scénario né dans la douleur mais dont l'auteur reste très fier. Vient ensuite l'heure des premiers avis, ceux de McTiernan, le premier intéressé...

Le réalisateur n'aime pas le prologue de l'histoire qui voit la sonde quitter sa planète. Il regrette aussi que la sonde ne sorte pas assez vite de terre. Il regrette encore plus son côté petit bras. En clair, le film met trop de temps à démarrer et n'est pas assez ambitieux. McT veut voir des bataillons de tank exploser, des B 52 s'écraser, des grandes villes paniquées et pas que des villes américaines. Donna Dubrow intervient et fait comprendre au scénariste que John ne compte pas seulement le produire mais qu'il désire aussi le réaliser. Bronson se remet à l'ouvrage et accouche d'une vision dantesque de l'invasion qui plait enfin à John mais aussi à la MGM. 

Problème, le studio voudrait le faire mais en amputant le budget prévu de 40 millions de dollars (il se trouve que Kronos a lui aussi subi en son temps, une coupe de budget). McTiernan réplique en insistant sur le fait que le projet peut attirer des Tom Cruise ou des Michael Douglas. Mais rien n'y fait...

Mike Marcus donne son feu vert et demande des réécritures pour que le film se fasse avec le budget qu'ils ont prévu. Bronson revoit donc sa copie. Lors de la première de Die Hard with a vengeance,  le scénariste demande à McT s'il a prévu des vacances (comprendre : avant d'attaquer ce gros morceau qu'est Juggernaut), le réalisateur lui répond qu'il aimerait enchaîner tout de suite avec le mastodonte. 

Mais quelques semaines plus tard, Bronson reçoit un appel du vice-président de la MGM qui lui apprend que McTiernan a quitté le projet. Le budget prévu par le studio lui posait vraiment un problème. Et à la question pourquoi le réalisateur n'a pas prévenu le scénariste de son départ ? Dan Bronson donne cette réponse : s'il y a bien une chose que John McTiernan déteste, c'est la confrontation. Dans ces cas-là, il faut vite passer à autre chose et faire comme si rien ne s'était passé...

Dan Bronson et John McT. Deuxième partie : Die Hard with some rewrites


Cet article s'appuie sur les chapitres 85 et 86 de ces confessions.

Le téléphone sonne. Bronson décroche. A l'autre bout du fil, la secrétaire de McT à la Fox. McT voudrait connaître toutes les fins des films de Hitchcock. Bronson, en un fin connaisseur de l'oeuvre du maître anglais, n'a aucun mal à répondre.

Bronson se doute que McT cherche une fin au prochain film qu'il prépare : Die Hard III. Il sait que le réalisateur travaille avec le scénariste Jonathan Hensleigh avec qui il préparait, Captain Blood. Hensleigh est l'auteur d'un script connu sous le nom de Simon Says, la base de ce qui deviendra Die Hard with a vengeance.



McT lui raconte en gros l'histoire, des terroristes attaquent New York, mais l'attaque cache en réalité un énorme cambriolage. La réserve fédérale est la véritable cible, son or, le butin. Mais que faire de tout cet or ? Bronson propose la fin du film Goldfinger. Les voleurs vont détruire la majorité de l'or et en garder assez pour couler des jours heureux. McT adore l'idée et Bronson reçoit une bouteille de Dom Pérignon pour service rendu.

Quelques semaine plus tard, il reçoit un coup de fil de la femme de McT, Donna Dubrow. Le scénariste doit se rendre immédiatement à l'aéroport de Santa Monica où l'attendent Donna et son mari. Un avion doit les emmener au Wyoming, où McT a son fameux ranch. But de ce voyage, retravailler le script du troisième Die Hard.

Arrivé à l'aéroport, Bronson découvre qu'une quatrième personne est invitée à prendre ce vol. Le scénariste de Simon Says, Jonathan Hensleigh, qui n'était pas non plus au courant de la venue de Bronson. Dans l'avion, McT donne le script à Dan qui est assis juste en face de Hensleigh. Une situation pour le moins gênante mais Bronson lit attentivement le script pendant le voyage.

Le résultat sera fidèle au scénario, précise Bronson, à deux exceptions majeures près. L'une concerne le partenaire de John McClane. Dans le script, c'est une afro américaine prénommée Linda. McT a déjà en tête l'actrice Angela Bassett pour le rôle. Deuxième point, la fin située dans une fonderie où Simon Gruber transforme les lingots d'or en statuettes de l'Empire State Building, qu'il repeint ensuite en gris (voir la scène de fin alternative où McClane pose sur la table une de ces statuettes). Simon capture McClane et l'attache à une bombe, avant de se faire abattre par Linda qui désamorce l'engin en répondant à une dernière devinette. 

Bronson adore le script. En l'état, ce Die Hard est très excitant, en plus d'être original car il se démarque des deux premiers films dont l'action restait prisonnière d'un lieu, building pour l'un, aéroport pour l'autre.



Bronson relève cependant quelques problèmes. Le personnage de McClane n'est pas assez défini. Holly et lui, c'est de l'histoire ancienne et sans Holly, McClane n'est plus rien. Il n'a pas d'implication directe. Le scénariste relève aussi que le film souffre d'une différence d'échelle assez dommageable. Le film s'ouvrant sur une explosion mais se terminant sur un simple duel opposant Linda et Gruber. L'histoire manque aussi d'humour.

Les remarques de Bronson ne blessent pas l'égo de Hensleigh, qui les trouve toutes pertinentes. Le lendemain matin (on apprend que McT n'est pas du genre lève tôt), le réalisateur leur propose une nouvelle fin pour le film. Sa solution, oublier cette histoire de fonderie et creuser l'option cargo, que Gruber coulera au large avec presque tout l'or mais aussi, avec McClane et Linda à son bord. Les deux scénaristes se mettent au travail.

Pour le problème McClane, il est clair que le personnage est devenu le père d'une famille qui n'a pas besoin de lui. C'est un protecteur sans personne à protéger. Il demande plus de travail que le personnage de Linda qui est clairement défini. C'est une femme forte, suffisante, et qui méprise les blancs. Elle est impliquée émotionnellement dans cette histoire parce que ses deux neveux sont coincés dans une école qui risque d'exploser. Bronson et Hensleigh en font aussi un personnage déçu par les hommes en général. C'est au fond une demoiselle qui a besoin d'un vrai chevalier...



A la question, comment rajouter un peu d'humour, les deux scénaristes répondent par un running gag, une valise contenant une bombe et qui passe de mains en mains jusqu'à revenir aux voleurs à la fin du film. Dans un jet qui doit l'emmener, lui et ses hommes, loin du foin qu'il a créé à New York, Simon distribue à ses mercenaires des valises contenant une part de l'or qui n'a pas été pulvérisé au large. Voyant une valise de trop, Simon l'ouvre et demande, juste avant l'explosion, si quelqu'un n'a pas sur lui un bidon rempli de quatre gallons d'eau. BOOM, the end...

Toutes ces bonnes idées finissent dans un traitement qu'ils envoient par fax à Bruce Willis et à la Fox. La réponse de la Fox arrive la matinée suivante. Toutes ces bonnes idées sont rejetées. Quelque peu sonnés et découragés, les scénaristes demandent à McT quoi faire. McT prend les suggestions des exécutifs de la Fox, les déchirent et les envoie au feu. Il est l'un des rares réalisateurs à pouvoir faire ça à l'époque mais, car il y a  toujours un mais, contre la star du film, il ne peut pas grand chose.

Willis ne veut pas de partenaire féminin parce que les derniers films qu'il a fait, en couple, sont loin d'avoir brillé au box office. Qui se souvient, même en bien, du film qu'il a fait avec Sarah Jessica Parker ? Linda devient donc Zeus. Angela Bassett est remplacée par l'excellent Samuel L. Jackson. Le film devient un buddy movie mais il perd son coeur.


Dans l'avion qui l'emmène à New York sur la préproduction du film, Bronson lit le dernier jet du script. Si la plupart de ses changements ont été gardés, la fin dans l'avion avec Gruber et la valise a disparu. Bronson y tient encore et espère pouvoir l'intégrer. Arrivé à New York, le scénariste découvre qu'il n'est plus le seul script doctor à travailler sur Die Hard III. Lorenzo Semple Jr. (un vieux de la vieille, mort au début de cette année) s'occupe des dialogues du premier acte, David Shaber (script doctor non crédité au générique de The Hunt for Red October) travaille quant à lui sur le second acte. Bronson doit se charger du troisième acte. Les trois scénaristes travaillent chacun de leur côté. Le tout est retravaillé par McTiernan après ses longues journées de préparation.

Le travail de Bronson sur le troisième acte consiste à rajouter des mousetraps, des pièges à souris, qui doivent corser la poursuite finale. Bronson en propose deux, sous la forme de deux personnages, un jeune trou du cul de la police qui s'associe à un trou du cul des medias pour mettre des batons dans les roues de John McClane. Bronson retravaille aussi le combat de McClane et de Targo, l'homme de main patibulaire de Simon Gruber. Il ajoute une bonne dose de fun cartoonesque notamment dans la salle qui contrôle la destruction des camions contenant l'or. La salle est protégée par de fins murs en aluminium et quand Targo projette McClane sur l'un d'eux, le pauvre policier y laisse son empreinte.

McTiernan inclut toutes les propositions du scénariste dans le script. Bronson doit rentrer à Los Angeles pour s'occuper de la promotion du téléfilm qu'il a écrit, A friend to die for avec Tori Spelling. Il sera invité à la première de Die Hard with a vengeance et découvrira que sa fin ne s'y trouve pas. Il apprend par l'un des producteurs, que les décors de la salle des machines et du déchiqueteur ont été construits en Caroline du sud mais qu'au dernier moment, parce que ces scènes ne plaisaient plus à Bruce Willis, elles ont été supprimées. Il découvre aussi la nouvelle fin, qui ne plait à personne. Mais le film sort et fait un carton au box-office...



Comme le dit Bronson : le succès d'un film a beaucoup de pères mais un bide est un orphelin. Bronson est un des pères anonymes de Die Hard with a vengeance.

Dan Bronson et John McT. Première partie : Nomads & The Quest of St. James Elk


Cet article s'appuie sur les chapitres 31 et 52 de ces confessions.



NOMADS
Chapitre 31 : a bill of divorcement / Une lettre de divorce

Dan Bronson, scénariste hollywoodien pour le meilleur et pour le pire (on pourrait traduire le titre de son livre par Confessions d'un anonyme d'Hollywood) connait John McTiernan depuis ses débuts à Hollywood. Après un court passage aux studio Universal, il est embauché au début des années 80 comme associate story editor dans une petite boîte de production nommée Filmway Pictures. Il arrive à son nouveau travail avec le scénario de Nomads que lui a donné un de ses contacts à Universal, John Humphreys. Le studio a refusé le script mais Dan Bronson est sous le charme. Il découvre en McTiernan un véritable auteur et un réalisateur à suivre. Découvrant que Nomads a aussi été rejeté par Filmway, Bronson revient à la charge, ressort le script de la poubelle et leur dit tout le bien qu'il pense de McTiernan et de son scénario :

"Je leur ai parlé de McTiernan et de Nomads, comment il réinventait la forme du scénario et avait découvert une manière de faire exister l'histoire sur papier de la même manière qu'un film existe sur l'écran. Comment il avait redonné du sang neuf au film d'horreur en utilisant ce vieux genre fatigué pour dépeindre Los Angeles comme un vaste désert de béton et de verre peuplé de nomades aliénés, hanté par des esprits hostiles."



Bronson écrit ensuite un résumé du film qui finit par cette note très positive : "McTiernan va devenir un très grand scénariste et réalisateur, j'aimerais que Filmway sorte son tout premier film." Cassian Elwes, alors patron de la Filmway Pictures, et convaincu en parle à son beau-père, le célèbre producteur de la MGM, Elliot Kastner. La production du film est lancée.

Le chapitre 31 s'appelle une lettre de divorce parce que la Filmway Pictures change de main. George Litto, producteur de quelques De Palma devient le nouveau dirigeant et demande à Bronson et à Donna Dubrow, alors vice présidente de production (elle sera la deuxième femme de McTiernan), de faire leur bagage...




THE QUEST OF ST. JAMES ELK
chapitre 52 : Me and John McT / Moi et John McT

Chapitre dans lequel Dan Bronson révèle que le meilleur film de John McTiernan n'est jamais sorti sur grand écran, un film qui n'existe que sur papier et qui s'appelle The Quest of St. James Elk...

Impressionné par le script de Nomads, Elliot Kastner commande un nouveau scénario à McTiernan. Dan Bronson, résume The Quest of St. James Elk en ces termes : "C'était Robin des Bois situé dans un futur si lointain qu'il ressemble au passé."

Bronson doit écrire un commentaire sur le film pour donner envie aux plus grands studios, de produire cette quête. En voici la traduction :

"MAGIQUE !
Par un coup de baguette verbale, McTiernan nous emmène dans un royaume enchanté fait de brouillard et d'arbres monstrueux. Il convoque aussi des créatures des ténèbres, des sorcières, des hurleurs et des Seigneurs du mal - et pour un temps, sa description d'une nature primitive devient un paysage cauchemardesque. Mais au bout du compte, il invoque la force du courage et de l'amour, qui finissent par chasser les démons et dissiper les ténèbres. Pour faire court, la Quête de St. James Elk est de la pure sorcellerie cinématographique qui attirera les spectateurs dans les cinémas, encore et encore, il les charmera avec son mélange d'action héroïque, sa séparation claire du Bien et du Mal, et un amour si puissant qu'il peut racheter le plus sombre des cœurs humains. C'est une magnifique évasion à ranger aux côtés de Star Wars et des Aventuriers de l'arche perdue. La Quête nous emmène là où nous ne sommes jamais allé, et c'est un voyage que nous aimerions tous faire.

Faisons ce film !"

Cette note plait tellement à McTiernan qu'il s'en servira à chaque fois qu'il aura l'occasion de vendre son histoire. C'est aussi cette note qui rapprochera les deux hommes et consolidera leur amitié.

Mais Jeffrey Katzenberg refuse de le faire. La Paramount n'en veut pas. Le projet n'est pas seulement trop cher, trop ambitieux, le problème c'est qu'au début des années 80, John McTiernan n'est personne. Cela ne changera pas après la sortie difficile de Nomads. Le film connait un bon accueil critique en Europe mais le public américain le boudera. Il faut dire qu'une distribution tardive et discrète n'a pas vraiment aidé le film.

Bronson révèle à la fin du chapitre 52 que les droits de The Quest of St. James Elk vont finalement échapper à McTiernan. Le réalisateur retouchera le scénario de la plupart de ses films mais il n'en écrira plus jusqu'au prochain Warbirds et l'hypothétique Thomas Crown and the Missing Lioness...

Bronson se souvient d'une ballade en compagnie de McTiernan dans son ranch du Wyoming :
McT : Je ne pourrais pas faire ce que tu fais.
Dan Bronson : Comment ça ?
McT : Travailler un an, deux ans sur un script, y mettre tout ce que j'ai sans avoir la garantie qu'il sera un jour produit. C'est pourquoi je ne prends que ce qu'on me propose. Je ne prends que des projets qui ont eu le feu vert.

Après recherche, il semble qu'une copie de The Quest soit tombée entre les mains du réalisateur et chorégraphe Bob Fosse, mort en 1987. St. James Elk traine donc dans un des cartons de sa collection personnelle à la Bibliothèque du Congrès de Washington DC depuis 1992. J'ai comme une soudaine envie de faire le déplacement, pas vous ?

vendredi 21 novembre 2014

AFM 2014 : RED SQUAD & WARBIRDS

L'American Film Market est terminé depuis le 12 novembre et pas une seule nouvelle de Red Squad et de Warbirds. Vous vous dites et c'est bien normal : c'est quoi le Fuck ? On s'attendait à une annonce de casting, et même, c'était logique, un petit visuel des deux projets, sous forme de promo poster, histoire de faire un peu rêver les fans. Et on a eu peau de zob, nada, le néant. Pourquoi ? Je ne m'aventurerai pas sur ce terrain. On sait que McTiernan retravaille le scénario de Red Squad depuis qu'il s'est emparé du projet et que Warbirds est un projet qu'il a lui-même amené à Hannibal Classics. Pour le reste, nous ne pouvons faire qu'attendre. Heureusement, pour les miettes, il y a le net et votre serviteur, tel un expert fouineur, vous apporte ces maigres informations :

Voici ce que l'on peut trouver page 39 du product guide 2014 du SCREEN :


Pour les bigleux, on peut résumer cette page par : Warbirds, production à 26 millions de dollars, sortira en décembre 2015. Red Squad quant à lui, sortira en mars 2016 et coûtera 35 millions de billets verts. So they say...

On apprend, et ça c'est bonus, que John Travolta travaillera sur le I am Wrath de Chuck Russell et que Nicolas Cage jouera dans le USS Indianapolis : Men of Courage de Mario Van Peebles. L'un est pressenti pour jouer dans Warbirds, l'autre l'était pour jouer dans Red Squad. Bien sûr, on verra quel projet aboutira en premier. Sur ce, bonne fin de semaine, à la prochaine, sûrement en février prochain, avant, pendant ou après le Festival de Berlin et son marché du film...

(pour une version anglaise de cet article, rendez-vous bientôt sur le site ManlyMovie)

Bonus :

mercredi 5 novembre 2014

jeudi 30 octobre 2014

RED SQUAD - Dernier synopsis en date


Après de longs mois sans nouvelle, Red Squad revient avec un nouveau synopsis. Trouvé sur le site CINANDO, ce court résumé est destiné au prochain Marché du Film Américain, le célèbre AFM, qui se tiendra du 5 au 12 novembre.

On sait que McTiernan prévoit de tourner Warbirds avant Red Squad, début 2015. Le scénario de ce dernier subit depuis début 2014 des réécritures de la part du cinéaste qui ne veut plus tourner avant d'être pleinement satisfait du scénario.

Version 1 du synopsis

NOUVEAU SYNOPSIS :

After his retirement from the DEA, TRENT MITCHELL, he and his buddy MARTIN CRANE head to a small town on the border of Texas and Mexico to meet up with their friend GUS MENDEZ.

Years earlier, the three of them managed to earmark nine million dollars belonging to a vicious drug lord named GIRALDO “NACHO” ESTAMADURO. They plan to go into the bank and quietly withdraw the money, and theoretically, Nacho will be none the wiser.

But it doesn’t quite work out as planned. They get the money, but Nacho does find out and he begins to exact his revenge, ordering his lieutenant, RAMON, to execute the bank manager and his family. Gus’ granddaughter, LENA, is the chief of police and she begs Trent and Crane to take down Nacho’s cartel. They reluctantly agree when she reveals they may be able to make off with even more cash in the process.

It’s not a two-person job, so they assemble a team. MARCELES, RINEAU, FRANCHESCA and HUNTER comprise the mismatched team, each chosen for their various skills and levels of expertise.

The subsequent attack on Nacho’s drug lab is an explosive success, except it causes him to lash out at the town. Trent bolts, content to keep his cash from the successful robbery, but he returns when he learns that one of his DEA colleagues has been kidnapped alongside Gus. After a failed attack on Nacho’s mansion, all hope is lost. Most of the team is abducted, while Trent is arrested and thrown in a Texas jail. Crane disappears.

Unwilling to give up, Lena tracks down Crane and convinces him to help her break Trent out of jail. They return to Los Rojos and free the team from Nacho. Lena rallies the town to stand up to Nacho, who has enlisted the aid of a squad of Colombian mercenaries to take on the Red Squad.

Movies simply don’t get more exciting than “Red Squad.” Legendary director John McTiernan’s signature action, terrific humor, fun characters, and a timely subject matter combine for an entertaining adventure in which good triumphs over evil and an unlikely hero emerges and inspires.

TRADUCTION :


Agent fraichement retiré de la DEA, TRENT MITCHELL et son pote MARTIN CRANE partent à la frontière du Texas et du Mexique, retrouver leur ami GUS MENDEZ. 

Des années plus tôt, les trois hommes ont réussi à voler neuf millions de dollars à un dangereux seigneur de la drogue nommé GIRALDO "NACHO" ESTAMADURO. Ils ont l'intention d'aller à la banque et de tranquillement retirer l'argent, au nez et à la barbe de Nacho. 

Mais le plan ne fonctionne pas tout à fait comme prévu. Ils prennent l'argent, mais l'information remonte jusqu'à Nacho qui ne tarde pas à se venger. Il ordonne à son lieutenant, RAMON, d'exécuter le directeur de la banque et sa famille. La petite fille de Gus, Lena, est le chef de la police et elle supplie Trent et Crane de faire tomber Nacho et son cartel. Ils acceptent quand elle leur révèle qu'ils peuvent gagner de l'argent dans l'opération. 

Le job demande plus que deux personnes, il faut une équipe complète. MARCELES, RINEAU, Franchesca et HUNTER entrent en jeu, chacun a été choisi selon ses compétences et son niveau d'expertise. 

L'attaque du laboratoire de drogue de Nacho est un succès explosif, mais le chef du cartel s'en prend directement à la ville. Trent se sauve avec l'argent du vol, mais il revient quand il apprend que l'un de ses collègues de la DEA s'est fait capturé  ainsi que Gus. Après une contre attaque ratée au manoir de Nacho, tout espoir semble perdu. Toute l'équipe ou presque est entre les mains du cartel, Trent est arrêté et jeté dans une prison du Texas. Quant à Crane, il disparaît. 

Refusant d'abandonner, Lena traque Crane et le convainc de l'aider à sortir Trent de prison. Ils reviennent à Los Rojos et libère leur équipe. Lena convainc les habitants de la ville de résister à Nacho, qui a demandé l'aide d'une équipe de mercenaires colombiens décimer le Red Squad.

samedi 11 octobre 2014

mardi 7 octobre 2014

Cahiers du Cinéma - n°704

Bon résumé de Vincent Malausa sur la venue, en septembre,
de John McTiernan à Deauville et à Paris
dans les Cahiers du Cinéma du mois d'octobre.

vendredi 3 octobre 2014

WARBIRDS - Officialisation du projet par Hannibal Classics et premier synopsis


Hannibal Classics révèle sur son site qu'elle sera présente à Cannes pour le MIPCOM du 13 au 16 octobre. Elle y vendra entre autres Bus 657, un Speed like avec Bob De Niro et le très attendu (c'est peu dire...) Warbirds de John McTiernan dont le tournage, aux dernières nouvelles, devrait débuter en janvier 2015 à Atlanta. Hannibal Classics coproduira le film avec une boîte montée pour l'occasion, une certaine Red Squad Production...

Hannibal Classics is pleased to announce we will be in Cannes, France for MIPCOM, the world's largest entertainment content market. Make an appointment with our sales team to learn more about our latest projects, including Bus 657 starring Robert De Niro, and Warbirds, directed by the iconic John McTiernan.

Synopsis :


AMOS HAWKINS (John Travolta or equivalent) is an amazing pilot who works as an aerial firefighter – a water bomber. But that’s just his legitimate profession; he earns most of his money as an aerial mercenary. A Chilean man has hired Amos to bomb an oil field on a patch of land bordering Chile and Argentina. It should be a safe job, with no human casualties, but it’s big enough that it will require a team.


Amos knows where to start looking for his team. He makes his way to a country club in Reno, which is hosting an air race. He makes his way through a swanky reception – being extra careful to avoid his ex-wife LAURIE, who is an excellent pilot in her own right. He recruits JOHANN VON KLEIST, a young brash pilot, and TULSA, a tall Chuck Yeager type who works the bar. HARRY HOLDEN, a tall, cocky and possibly insane pilot, sees him making the rounds and knows something is up. Amos reluctantly lets him join the team. Lastly, he approaches FRANK CALDER, a family man who has promised his wife he will never take these kinds of jobs anymore. Frank’s twenty-one-year-old daughter PEGGY volunteers her services, and Frank assures Amos, “She’s better’n both of us.” Amos welcomes them both to the team.


The last piece of the puzzle is also the trickiest. IGNATIUS “IG” DAYTON is a cantankerous old man with a grudge against Amos. But with the promise of a quarter of a million dollars – plus bonus cash -- he signs on. The team meets at an airstrip in Baja, joined by their controller, a ballsy woman affectionately known as MAMA.

The mission quickly goes south and Amos realizes it’s a trap. Faced with return fire, they fight their way out and barely manage to survive. Harry proves to be every bit as reckless as Amos feared, taking out bulldozers, dump trucks and anything else he can target. But he soon finds himself in the crosshairs of a Mig-15. He gets hit, but utilizes his ridiculous skills to evade any more fire. As the rest of the crew rendezvous at an abandoned airstrip, Harry has to crash-land his plane in Argentina.

The Mig pilot ejects from the plane and Harry gives chase. A fight reveals the pilot to be…LAURIE, Amos’s ex-wife!

Amos visits the man who hired him, a suave businessman named NICOLAS CAMPOS, but Nicolas can’t provide any answers for the ambush. Amos is left to figure out why he has been double-crossed and why his ex-wife is working for the other side.

Featuring an entertaining cast of colorful characters, and directed by one of cinema’s modern masters, John McTiernan (Die Hard, The Thomas Crown Affair),Warbirds is an astonishing action adventure that is sure to thrill worldwide audiences.

lundi 8 septembre 2014

John McTiernan - France, septembre 2014



Mais avant ça, l'actualité s'affole autour de notre idole :

- On commence ce florilège par le journal l'Express et un article de la journaliste Sandra Benedetti, créatrice (avec d'autres) du comité de soutien Free McTiernan, qui continue d'exister depuis la libération du réalisateur sous la forme d'une page facebook baptisée John McTiernan Newspage :


- Un article de Paris Match qui revient sur la masterclass de Deauville conduite par Vincent Malausa, critique aux Cahiers du Cinéma :


- Ouest France sur l'inauguration d'une cabine de plage portant son nom, nous sommes toujours à Deauville :


- On continue avec le Figaro :


- Vanity Fair s'y met et balance une belle coquille sur Red Squad, un article de Charlotte Brumel :


- De belles photos du réalisateur seul ou accompagné, de l'agence EPA, prises près des cabines de plage :


- L'article de 20 minutes nous rappelle que le réalisateur est sous contrôle judiciaire pendant encore 6 mois…


et voilà, le discours politique de John McTiernan lors de son hommage au Festival de Deauville :




- l'interview de Première, où l'on parle Die Hard, Michael Kamen, Avatar, bref plus de cinéma que de politique, encore que :

John McTiernan : "John McClane n'est pas un héros national."

- Mais l'interview qu'il ne faut absolument pas rater, c'est celle de Télérama, conduite par le spirituel Jérémie Couston. Si si cliquez, ça vaut vraiment la peine :

Entretien avec John McTiernan, un cinéaste au bord du gouffre

- On passe à tout autre niveau avec cette interview très intéressante offerte par le site Gonzai :

Entretien avec John McTiernan : The First Action Hero

- Une courte interview pour la chaîne TCM où McT parle de ses rapports avec d'anciens producteurs :




- Une autre interview très intéressante de Chronicart dans laquelle McT parle un peu plus de son projet rêvé et du prochain Warbirds :

John McTiernan : The Strong, silent type

- On poursuit avec la chaîne info LCI, pour une courte interview :


vendredi 29 août 2014

Projet - Warbirds

On le sait, les conséquences de l'affaire Pellicano ont ruiné John McTiernan. Les frais d'avocat ont mis financièrement sur la paille le réalisateur, et le sort du ranch qu'il possède au Wyoming est actuellement entre les mains de la justice américaine. Auditionné   récemment par le juge Mcniff, McTiernan a révélé qu'il avait écrit pas moins de trois scénarios dans l'espoir de se refaire une place à Hollywood et pour surtout, renflouer son compte en banque.

Dans les pages du numéro 300 du magazine Empire, McT avait révélé l'existence de Thomas Crown and the Missing Lioness, la suite de The Thomas Crown Affair qu'il a écrit pendant qu'il était derrière les barreaux de la prison fédérale de Yankton. Un deuxième scénario a été écrit durant cette malheureuse période mais quelques mois avant son incarcération, le réalisateur terminait un autre script, Warbirds, une histoire de pilotes de bombardiers d'eau qui, durant l'hiver, partent en mission secrète.

Une caméra, John McTiernan et John Travolta. La Sainte Trinité revient pour Warbirds.

D'après un article du Hollywood Reporter, c'est apparemment ce dernier qui a été acheté par Hannibal Pictures, une filiale de Hannibal Classics, coproducteur de l'arlésienne Red Squad que McTiernan tournerait après Warbirds.

Ce qui change la donne par rapport à Red Squad (projet quelque peu entaché par le Cage Gate), c'est qu'une star et pas des moindres aurait déjà signé pour jouer dans le film. Il s'agit de John Travolta, que McTiernan a dirigé en 2002 dans le magnifique Basic. Je suis moins convaincu par les autres noms proposés, à savoir Queen Latifah et Johnny Knoxville mais McT précise que cinq ou six types dit bankables se chargeraient de piloter les Oiseaux de guerre.

Mais à force de sauter de joie, on risque de se cogner la tête au plafond, souvenez-vous de la décennie passée... Si Travolta est déjà lié contractuellement au projet, le feux vert n'est pas encore donné. McT négocierait encore sa participation au film. Vu qu'il a besoin de beaucoup d'argent, son agent et lui demandent un gros chèque. On parle de plus d'un millions de dollars, lui qui, dans les années 90 prenait 8 millions par film. Mais McT fait bien plus que négocier, il travaille chaque jour sur le film, enchaînant les réunions de production; un assistant réalisateur aurait déjà été choisi ainsi que les personnes chargées de repérer les modèles d'avions qui serviront pour le film. Le titre évoquant des combats aériens, le film ne peut se passer d'effets spéciaux. Question de sécurité. Ces combats coûteraient entre 3 et 5 millions de dollars. La production fait donc le tour des studios d'effets spéciaux d'Atlanta à Montréal.

Enfin, l'article nous apprend que McT a été embauché pour retravailler un script (il s'agit sûrement de Red Squad) qu'il n'a pas écrit et qu'il devrait filmer en janvier 2015. Les producteurs envisagent la participation de Schwarzenegger mais McT ne semble pas vouloir de lui. Au vu des piètres performances du chêne autrichien, (qui est devenu un vieux perroquet à punchlines datées), on ne peut pas lui en vouloir.

(mise à jour)
D'après l'interview accordée au magazine So Film, McTiernan aurait un rôle pour Morgan Freeman. Le réalisateur compte tourner Warbirds au Chili, en Géorgie et au Canada.

mardi 5 août 2014

GQ magazine - Juillet 1996

Deux pépites se cachent
dans ce monument de littérature 

Pépite 1
page 145:

MASTER CLASS
par Chris Petrikin

Vous vous demandez où les auteurs de films d'action ont appris leurs trucs ? GQ a demandé à quelques uns des meilleurs de nommer leurs films préférés et leurs plus grandes influences... 

Le film d'action est peut être un genre relativement nouveau, mais ses meilleurs praticiens connaissent bien leur histoire du cinéma, en tout cas, c'est ce que GQ a découvert quand nous avons demandé à plusieurs producteurs et réalisateurs quelles étaient leurs influences et leurs films préférés. Il peut sembler surprenant de voir que John Woo, Joel Silver et John McTiernan ont été influencés par à peu près tout, depuis les épopées de David Lean jusqu'au cinéma d'art et essai de Jacques Demy. Alors la prochaine fois que vous verrez Jean-Claude Van Damme étaler deux voyous avec un coup de pied aérien, pensez qu'il s'est peut-être inspiré de Chantons sous la pluie.

...
John McTiernan :
"Le réalisateur que j'admire le plus, c'est Stanley Kubrick. Il a fait quelques très bonnes scènes d'action, comme la scène de l'avion dans Dr Folamour. C'est de la satire, mais il y a un sentiment de véracité, on ressent le réel, et elle est convaincante, car elle a une limite. Une autre, c'est celle du vol sur le champ de course dans The Killing. Elle est fantastique parce que, dès que la course démarre, quand Sterling Hayden matraque le garde, Kubrick pose la caméra de l'autre côté du couloir, de sorte que vous voyez à peine l'action. Mais vous la ressentez. Vous n'êtes pas en mesure de voir clairement l'action, mais vous la ressentez. La scène de duel dans Barry Lyndon aussi est incroyable. C'est tellement lent et plein de tension, il offre un regard différent sur ce que doit être une scène traditionnellement orientée action".



Pépite 2
page 151:

BEEFALO SOLDIER
par John Brodie

Réalisateur et éleveur, John McTiernan combat le combat juste, celui de "l'autre viande rouge". 

Venez essayer l'autre viande rouge, susurre l'agent publicitaire qui m'invite à rencontrer John McTiernan, le Léviathan du box-office, l'homme derrière deux Die hard, A la poursuite d'Octobre Rouge, Last Action Hero et Predator. La vocation de McTiernan et son métier de réalisateur se prêtent mal au jeu des comparaisons, qui deviennent vite peu flatteuses : quand il a du temps libre, il élève dans le Wyoming des beefalo, un croisement entre des buffles et des bovins ordinaires. Mais avant même que je m'installe dans le fauteuil du restaurant tape-à l'oeil de Beverly Hills l'Eclipse, le réalisateur me prévient : J'espère vraiment que vous n'allez pas continuer sur cette métaphore, parce que vous sous-entendez que je rassemble du bétail à l'écran. Et ce serait offensant.  Je prends note.

En 1991, j'ai acheté quelques vaches beefalo, explique McTiernan. Un beefalo robuste ressemble à une vache ordinaire pour une personne de la ville, mais pour un éleveur c'est différent, il dirait : "C'est quoi le problème avec cette vache ?" Eh bien, les bovins que nous avons, représentent tous les pourcentages de buffles et de vaches et celles du milieu ressemblent à ces extraordinaires vaches de l'âge de pierre.

La nourriture vedette de la soirée est rapidement à portée de main : du beefalo carpaccio. Dans mon vocabulaire italien limité, carpaccio se traduit en gros par crue. Alors, sur un ton tout ce qu'il y a de plus diplomatique, je demande: Dans votre ranch, vous tuez les vaches et découpez la viande vous-même ?

Nous n'avons pas notre propre boucherie, explique le réalisateur. Depuis Bob's Big Boy, je veux dire depuis l'affaire Jack in the Box, nous sommes très scrupuleux. Nous amenons nos vaches à une installation inspectée par le gouvernement fédéral. Je ne m'approche pas d'elles. Soulagé, j'avale le carpaccio et trouve que sa consistance est légèrement plus dure que celle du bœuf ordinaire.


Comme nous passons à un risotto aux champignons sauvages accompagné d'un filet de beefalo assaisonné de poivre rare, McTiernan dit qu'il se sent loin de l'industrie du film et de ses potins. Le réalisateur préfère rester au Wyoming quand il le peut. Il n'a d'ailleurs aucun d'avis sur les films d'action qui sortent cet été, même s'il a déjà dirigé les stars de Rock (Sean Connery), Last man Standing (Bruce Willis), et Eraser (Arnold Schwarzenegger).

Le risotto cède la place à la pièce de résistance, un filet mignon de beefalo et une queue de homard servi avec du beurre de truffes noires à la ciboulette et une sauce au Cabernet et à l'ail rôti. Le maître d'hôtel apparaît et complimente McTiernan sur sa viande, envoyée par FedEx depuis son ranch. Je tiens à l'ajouter à ma carte et lui donner le nom de beef-de-l'eau, lance-t-il. Son jeu de mots nous fait rire, mais le maître d'hôtel a involontairement touché un point sensible, la viande de Beefalo n'est pas disponible, même dans les marchés les plus branchés. Robert Mitchum et James Garner sont de bons ambassadeurs de la viande, mais McTiernan peut devenir le meilleur concernant celle du beefalo. Il veut savoir si je vais aider sa cause. Que pensez-vous de ma viande ? demande-t-il.

C'était génial, je réponds. J'espère juste que ce repas ne se transformera pas en Die Hard dans mon colon.

Mon dieu, mon hôte répond en plaisantant. Ça pourrait devenir un des films d'action de l'été prochain. Ils font déjà un Die Hard dans un tunnel et un autre sur un pont...


mardi 15 juillet 2014

Les choses vont-elles enfin bouger pour Red Squad ?


Disparu des écrans radar de Production Weekly depuis fin mai, Red Squad repointe le bout de son nez cette semaine dans le numéro de jeudi. Soit une absence d'un mois et demi durant laquelle nous avons appris que John McTiernan sera de passage en France pour le Festival du film américain de Deauville et puis à Paris, pour une rétrospective et une master class organisée par la Cinémathèque française. Rien que ça !

Conséquences : on voit mal le réalisateur commencer le tournage de Red Squad en août à Biloxi dans l'état du Mississippi alors qu'il est attendu en France en septembre. D'ailleurs, le même mois, la production du film sera présente au TIFF, le Festival du Film de Toronto, pour le Marché du Film.

Peut-on vendre un actioner de série B avec seulement le nom du réalisateur ? Non. Il faut des acteurs et cette fois, des acteurs qui ont vraiment signé. On oublie le Festival de Cannes, son Cage Gate et on balance avant septembre la liste des heureux chanceux qui seront devant la caméra de McT.

lundi 14 juillet 2014

John McTiernan, une chronologie

Cette chronologie biographique n'est pas définitive, elle est même participative, alors si vous avez une date (précise ou vague), une source sous forme de lien qui me permet de vérifier les informations, n'hésitez pas à m'en parler dans un commentaire comme ça on pourra combler les blancs. Merci d'avance et bonne journée, en Enfer...

1951
8 janvier1951 : naissance de John Campbell McTiernan Jr à Albany dans l'Etat de New York.


1968

été 1968 : joue dans la pièce The Knack sous la direction du professeur de théâtre John Velie et le rôle de Hamm dans la pièce de Samuel Beckett Endgame à l'Université d'Albany. (stage d'été)
novembre 1968 : joue (brillamment selon R. E. Krieger du Knickerbocker News) le rôle de Mercutio dans la pièce Roméo et Juliette de William Shakespeare, toujours sous la direction de John Velie.

197?
réalise les courts métrages Poor Richard's Almanach d'après Benjamin Franklin (patchwork de petits films expérimentaux) et Meditation

1974
réalise le moyen métrage The Demon's Daughter
réalise le court métrage Tales of the 22nd Century
12 octobre 1974 : épouse Carol Land

1975
étudiant à l'American Film Institute

1979
réalise le court métrage Watcher
novembre 1979 : projection du court métrage Watcher à Los Angeles.


1985

16 mars 1985 : naissance de Isabella Ruby Monticelli McTiernan (Bella Monticelli McTiernan), fille de John McTiernan et de Anna Maria Monticelli
tournage du film Nomads dans lequel joue Anna Maria Monticelli (Niki dans le film)

1986
7 mars 1986 : sortie sur les écrans américains du film Nomads
avril 1986 : début des prises de vues de Predator
12 mai 1986 : fin des prises de vues de Predator
21 mai 1986 : sortie française de Nomads

1987
12 juin 1987 : sortie américaine de Predator
19 août 1987 : sortie française de Predator
2 novembre 1987 : début du tournage de Die Hard

1988
mars 1988 : fin du tournage de Die Hard
15 juillet 1988 : première du film Die Hard à Los Angeles
22 juillet 1988 : Die Hard sort sur les écrans américains
21 septembre 1988 : sortie de Die Hard sur les écrans français
novembre 1988 : épouse la productrice Donna Dubrow

1989
3 avril 1989 : début du tournage de The Hunt for Red October

1990
2 mars 1990 : sortie américaine de The Hunt for Red October
29 août 1990 : sortie française de The Hunt for Red October
s'intéresse au script de Tom Schulman The Stand acheté par la toute jeune CINERGI. The Stand deviendra The Last Days of Eden puis Medicine Man.

1991
sortie du film Robin Hood, réalisé par John Irvin et sur lequel John McTiernan tient le poste de producteur exécutif.
7 mars 1991 : début du tournage du film Medicine Man
6 juin 1991 : fin du tournage de Medicine Man

1992
7 février 1992 : sortie américaine de Medicine Man
22 mai 1992 : sortie française de Medicine Man
2 novembre 1992 : début du tournage de Last Action Hero

1993
remplace le réalisateur Hugh Wilson pour tourner la fin du film Guarding Tess avec Nicolas Cage.
1 avril 1993 : fin du tournage de Last Action Hero
18 juin 1993 : sortie américaine de Last Action Hero
11 août 1993 : sortie française de Last Action Hero

1994
30 juillet 1994 : début du tournage de Die Hard with a Vengeance
21 décembre 1994 : fin du tournage de Die Hard with a Vengeance

1995
travaille sur Lights Out, une anthologie pour la chaîne NBC
15 mai 1995 : première new-yorkaise de Die Hard with a Vengeance
18 mai 1995 : première à Westwood (Californie) de Die Hard with a Vengeance
19 mai 1995 : sortie américaine de Die Hard with a Vengeance
2 août 1995 : sortie française de Die Hard with a Vengeance

1996
sortie du téléfilm The Right to Remain Silent, produit par John McTiernan et Donna Dubrow, réalisé par Hubert de La Bouillerie
sortie du film Amanda, produit par John McTiernan et Donna Dubrow, réalisé par Bobby Roth

1997
divorce de la productrice Donna Dubrow
17 mai 1997 : sortie américaine du téléfilm Quicksilver Highway
19 juin 1997 : début des prises de vues de The Thirteenth Warrior (sous son titre initial Eaters of the Dead)
juillet 1997 : les prises de vues de The Thirteenth Warrior se poursuivent à Elk Bay, en Colombie Britannique.
septembre 1997 : Le tournage continue à Elk Falls et à Williams Lake.
octobre 1997 : Les prises de vues continuent au canyon de Fraser River.
1 novembre 1997 : Fin officielle des prises de vues. Reshoots à la fin du mois au Wyoming près du ranch de John McTiernan
décembre 1997 : les reshoots continuent au début du mois toujours au même endroit.

1998
été 1998 : déjeuner organisé par le LA Times au Four Seasons. Autour de la table : Michael Bay, Steven E. De Souza, F. Gary Gray et Jonathan Mostow pour parler de l'état des films d'action.
septembre/octobre 1998 : début du tournage de The Thomas Crown Affair

1999
27 juillet 1999 : première américaine de The Thomas Crown Affair
6 août 1999 : sortie américaine de The Thomas Crown Affair
18 août 1999 : sortie française de The Thirteenth Warrior
27 août 1999 : sortie américaine de The Thirteenth Warrior
septembre 1999 : se rend en France pour présenter hors compétition The Thomas Crown Affair au Festival de Deauville
22 septembre 1999 : sortie française de The Thomas Crown Affair

2000
été 2000 : John McTiernan engage le détective privé Anthony Pellicano.
3 juin 2000 : naissance de Truman Elizabeth McTiernan à Montréal, Canada
24 juillet 2000 : début du tournage du remake de Rollerball à Montréal
3 août 2000 : un plateau de tournage situé à Blainville prend feu
septembre 2000 : tournage des scènes de figuration à Blainville pendant deux semaines. (gradins de l'arène du jeu Rollerball)
18 novembre 2000 : fin des prises de vues de Rollerball à Montréal
décembre 2000 : tournage de la scène d'introduction de Rollerball à San Francisco

2001
avril 2001 : tournage additionnel pour la scène d'intro de Rollerball à San Francisco
26 novembre 2001 : début des prises de vues de Basic

2002
8 février 2002 : sortie américaine de Rollerball
13 mars 2002 : sortie française de Rollerball
4 avril 2002 : fin des prises de vues de Basic

2003
naissance de John "Jack" Clarence McTiernan
28 mars 2003 : sortie américaine de Basic
28 mai 2003 : sortie française de Basic
30 juin 2003 : assiste à l'avant première de Terminator 3 : Rise of the machines à Los Angeles (McT pressenti au départ pour réaliser T3 pour C2 Pictures)
19 juillet 2003 : épouse la costumière Kate Harrington

2004

2005
se sépare de Kate Harrington
travaille sur un projet de jeu vidéo avec UBISOFT

2006
13 février 2006 : John McTiernan répond aux questions d'un agent du FBI, au téléphone...
avril 2006 : L'affaire Pellicano éclate au grand jour
17 avril 2006 : John McTiernan plaide coupable d'avoir menti au FBI.

2007
24 septembre 2007 : est condamné à 4 mois de prison pour avoir menti au FBI dans l'Affaire Pellicano

2008
14 août 2008 : pour le vingtième anniversaire de la sortie de Die Hard, John McTiernan se rend au Linwood Dunn Theater à Hollywood où une copie restaurée du film est projetée.
21 octobre 2008 : est autorisé à faire appel de sa condamnation.

2009
avril 2009 : sortie du documentaire The Political Prosecutions of Karl Rove
novembre 2009 : est président du jury du 6ème Amazonas Film Festival de Manaus. (où il fait la connaissance de Natacha Régnier mais aussi de Claire Denis...)

2010
27 au 31 janvier 2010 : président du jury au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer
23 février 2010 : participe à l'hommage rendu à l'acteur et réalisateur Bill Duke que McTiernan a dirigé dans Predator.
18 mars 2010 : à l'occasion du vingtième anniversaire de The Hunt for Red October, présentation d'une copie restaurée par Paramount Pictures en présence du réalisateur et d'une bonne partie de l'équipe.
10 avril 2010 : le juge Fischer le condamne à un an de prison. Il doit en plus payer une amende de 100 000 dollars. Fait appel de cette décision.

2011

2012
divorce de Kate Harrington
épouse Gail Sistrunk

2013
7 mars 2013 : Création de la page Facebook Free John McTiernan (aujourd'hui John McTiernan Newspage), page de soutien créée par des journalistes français.
3 avril 2013 : entre à la prison fédérale de Yankton dans le Dakota du Sud pour purger une peine d'un an. Il y écrit le scénario Thomas Crown and the Missing Lioness, la suite de The Thomas Crown Affair.

2014
25 février 2014 : John McTiernan sort de prison, continue de purger sa peine chez lui, dans son ranch du Wyoming
mars 2014 : donne une interview au magazine anglais EMPIRE et à la chaîne CNN.
3 avril 2014 : fin définitive de la peine d'un an
septembre 2014 : Le Festival de Deauville et la Cinémathèque française lui offre une rétrospective et une masterclass.