vendredi 29 août 2014

Projet - Warbirds

On le sait, les conséquences de l'affaire Pellicano ont ruiné John McTiernan. Les frais d'avocat ont mis financièrement sur la paille le réalisateur, et le sort du ranch qu'il possède au Wyoming est actuellement entre les mains de la justice américaine. Auditionné   récemment par le juge Mcniff, McTiernan a révélé qu'il avait écrit pas moins de trois scénarios dans l'espoir de se refaire une place à Hollywood et pour surtout, renflouer son compte en banque.

Dans les pages du numéro 300 du magazine Empire, McT avait révélé l'existence de Thomas Crown and the Missing Lioness, la suite de The Thomas Crown Affair qu'il a écrit pendant qu'il était derrière les barreaux de la prison fédérale de Yankton. Un deuxième scénario a été écrit durant cette malheureuse période mais quelques mois avant son incarcération, le réalisateur terminait un autre script, Warbirds, une histoire de pilotes de bombardiers d'eau qui, durant l'hiver, partent en mission secrète.

Une caméra, John McTiernan et John Travolta. La Sainte Trinité revient pour Warbirds.

D'après un article du Hollywood Reporter, c'est apparemment ce dernier qui a été acheté par Hannibal Pictures, une filiale de Hannibal Classics, coproducteur de l'arlésienne Red Squad que McTiernan tournerait après Warbirds.

Ce qui change la donne par rapport à Red Squad (projet quelque peu entaché par le Cage Gate), c'est qu'une star et pas des moindres aurait déjà signé pour jouer dans le film. Il s'agit de John Travolta, que McTiernan a dirigé en 2002 dans le magnifique Basic. Je suis moins convaincu par les autres noms proposés, à savoir Queen Latifah et Johnny Knoxville mais McT précise que cinq ou six types dit bankables se chargeraient de piloter les Oiseaux de guerre.

Mais à force de sauter de joie, on risque de se cogner la tête au plafond, souvenez-vous de la décennie passée... Si Travolta est déjà lié contractuellement au projet, le feux vert n'est pas encore donné. McT négocierait encore sa participation au film. Vu qu'il a besoin de beaucoup d'argent, son agent et lui demandent un gros chèque. On parle de plus d'un millions de dollars, lui qui, dans les années 90 prenait 8 millions par film. Mais McT fait bien plus que négocier, il travaille chaque jour sur le film, enchaînant les réunions de production; un assistant réalisateur aurait déjà été choisi ainsi que les personnes chargées de repérer les modèles d'avions qui serviront pour le film. Le titre évoquant des combats aériens, le film ne peut se passer d'effets spéciaux. Question de sécurité. Ces combats coûteraient entre 3 et 5 millions de dollars. La production fait donc le tour des studios d'effets spéciaux d'Atlanta à Montréal.

Enfin, l'article nous apprend que McT a été embauché pour retravailler un script (il s'agit sûrement de Red Squad) qu'il n'a pas écrit et qu'il devrait filmer en janvier 2015. Les producteurs envisagent la participation de Schwarzenegger mais McT ne semble pas vouloir de lui. Au vu des piètres performances du chêne autrichien, (qui est devenu un vieux perroquet à punchlines datées), on ne peut pas lui en vouloir.

(mise à jour)
D'après l'interview accordée au magazine So Film, McTiernan aurait un rôle pour Morgan Freeman. Le réalisateur compte tourner Warbirds au Chili, en Géorgie et au Canada.

mardi 5 août 2014

GQ magazine - Juillet 1996

Deux pépites se cachent
dans ce monument de littérature 

Pépite 1
page 145:

MASTER CLASS
par Chris Petrikin

Vous vous demandez où les auteurs de films d'action ont appris leurs trucs ? GQ a demandé à quelques uns des meilleurs de nommer leurs films préférés et leurs plus grandes influences... 

Le film d'action est peut être un genre relativement nouveau, mais ses meilleurs praticiens connaissent bien leur histoire du cinéma, en tout cas, c'est ce que GQ a découvert quand nous avons demandé à plusieurs producteurs et réalisateurs quelles étaient leurs influences et leurs films préférés. Il peut sembler surprenant de voir que John Woo, Joel Silver et John McTiernan ont été influencés par à peu près tout, depuis les épopées de David Lean jusqu'au cinéma d'art et essai de Jacques Demy. Alors la prochaine fois que vous verrez Jean-Claude Van Damme étaler deux voyous avec un coup de pied aérien, pensez qu'il s'est peut-être inspiré de Chantons sous la pluie.

...
John McTiernan :
"Le réalisateur que j'admire le plus, c'est Stanley Kubrick. Il a fait quelques très bonnes scènes d'action, comme la scène de l'avion dans Dr Folamour. C'est de la satire, mais il y a un sentiment de véracité, on ressent le réel, et elle est convaincante, car elle a une limite. Une autre, c'est celle du vol sur le champ de course dans The Killing. Elle est fantastique parce que, dès que la course démarre, quand Sterling Hayden matraque le garde, Kubrick pose la caméra de l'autre côté du couloir, de sorte que vous voyez à peine l'action. Mais vous la ressentez. Vous n'êtes pas en mesure de voir clairement l'action, mais vous la ressentez. La scène de duel dans Barry Lyndon aussi est incroyable. C'est tellement lent et plein de tension, il offre un regard différent sur ce que doit être une scène traditionnellement orientée action".



Pépite 2
page 151:

BEEFALO SOLDIER
par John Brodie

Réalisateur et éleveur, John McTiernan combat le combat juste, celui de "l'autre viande rouge". 

Venez essayer l'autre viande rouge, susurre l'agent publicitaire qui m'invite à rencontrer John McTiernan, le Léviathan du box-office, l'homme derrière deux Die hard, A la poursuite d'Octobre Rouge, Last Action Hero et Predator. La vocation de McTiernan et son métier de réalisateur se prêtent mal au jeu des comparaisons, qui deviennent vite peu flatteuses : quand il a du temps libre, il élève dans le Wyoming des beefalo, un croisement entre des buffles et des bovins ordinaires. Mais avant même que je m'installe dans le fauteuil du restaurant tape-à l'oeil de Beverly Hills l'Eclipse, le réalisateur me prévient : J'espère vraiment que vous n'allez pas continuer sur cette métaphore, parce que vous sous-entendez que je rassemble du bétail à l'écran. Et ce serait offensant.  Je prends note.

En 1991, j'ai acheté quelques vaches beefalo, explique McTiernan. Un beefalo robuste ressemble à une vache ordinaire pour une personne de la ville, mais pour un éleveur c'est différent, il dirait : "C'est quoi le problème avec cette vache ?" Eh bien, les bovins que nous avons, représentent tous les pourcentages de buffles et de vaches et celles du milieu ressemblent à ces extraordinaires vaches de l'âge de pierre.

La nourriture vedette de la soirée est rapidement à portée de main : du beefalo carpaccio. Dans mon vocabulaire italien limité, carpaccio se traduit en gros par crue. Alors, sur un ton tout ce qu'il y a de plus diplomatique, je demande: Dans votre ranch, vous tuez les vaches et découpez la viande vous-même ?

Nous n'avons pas notre propre boucherie, explique le réalisateur. Depuis Bob's Big Boy, je veux dire depuis l'affaire Jack in the Box, nous sommes très scrupuleux. Nous amenons nos vaches à une installation inspectée par le gouvernement fédéral. Je ne m'approche pas d'elles. Soulagé, j'avale le carpaccio et trouve que sa consistance est légèrement plus dure que celle du bœuf ordinaire.


Comme nous passons à un risotto aux champignons sauvages accompagné d'un filet de beefalo assaisonné de poivre rare, McTiernan dit qu'il se sent loin de l'industrie du film et de ses potins. Le réalisateur préfère rester au Wyoming quand il le peut. Il n'a d'ailleurs aucun d'avis sur les films d'action qui sortent cet été, même s'il a déjà dirigé les stars de Rock (Sean Connery), Last man Standing (Bruce Willis), et Eraser (Arnold Schwarzenegger).

Le risotto cède la place à la pièce de résistance, un filet mignon de beefalo et une queue de homard servi avec du beurre de truffes noires à la ciboulette et une sauce au Cabernet et à l'ail rôti. Le maître d'hôtel apparaît et complimente McTiernan sur sa viande, envoyée par FedEx depuis son ranch. Je tiens à l'ajouter à ma carte et lui donner le nom de beef-de-l'eau, lance-t-il. Son jeu de mots nous fait rire, mais le maître d'hôtel a involontairement touché un point sensible, la viande de Beefalo n'est pas disponible, même dans les marchés les plus branchés. Robert Mitchum et James Garner sont de bons ambassadeurs de la viande, mais McTiernan peut devenir le meilleur concernant celle du beefalo. Il veut savoir si je vais aider sa cause. Que pensez-vous de ma viande ? demande-t-il.

C'était génial, je réponds. J'espère juste que ce repas ne se transformera pas en Die Hard dans mon colon.

Mon dieu, mon hôte répond en plaisantant. Ça pourrait devenir un des films d'action de l'été prochain. Ils font déjà un Die Hard dans un tunnel et un autre sur un pont...